Value, Growth, styles et gestion quantitative

Value et Growth sont deux termes qui définissent une typologie d’émetteurs d’actions selon certains critères financiers.

1. Définition d’introduction
La définition la plus simple à ma connaissance est un positionnement par rapport à deux ratios financiers :
– value (ou valorisation) rassemble les sociétés attractives selon leur prix P aujourd’hui, donc sous-valorisées et qui présentent un potentiel d’appréciation si le marché les jugent comme telles.
– growth (ou croissance) rassemble les sociétés attractives selon la croissance de leurs bénéfices futurs E (comme Earnings) à venir.

Ainsi, le ratio P/E, ou noté PE(R) (pour Price Earnings Ratio) permet une première segmentation de l’univers : le P/E d’un titre aujourd’hui est élevé si son prix P est élévé et/ou ses bénéfices actuels sont faibles, c’est le cas des valeurs de croissance. A l’inverse, un P/E faible indique une valeur dont le prix est relativement faible rapporté à ses bénéfices actuels, cela définit les valeurs value.

De même, leur valorisation de marché (toujours le P) s’écartera peu de la valorisation comptable B (pour Book Value) dans le cas d’une valeur sous valorisée : le ratio PB ou P/BV (Price to Book Value Ratio) sera faible pour les valeurs value. Au contraire, pour les valeurs de croissance dont le prix anticipe déjà les bénéfices futures, le prix sera élevé et le ratio P/BV également.

2. Méthodologies MSCI et Stoxx
Ces styles présentant des caractéristiques attractives, les fournisseurs d’indices ont élaboré des méthodologies quantitatives afin de segmenter leur univers selon les approches de valorisation et de croissance.
Ces méthodologies sont vues plus en détail dans ce billet (Value et Growth selon Stoxx et MSCI). Nous en proposons ici un résumé.

  • Stoxx
    Stoxx caractérise les styles à partir de 6 critères de valorisation (P/E projeté et réalisé, P/B, dividend yield) et de croissance (croissance des EPS – Earnings per Share – réalisée et projetée) confondu. Les valeurs sont ensuite classées pour appartenir à l’une des 3 catégories : value – neutre – growth.
    Dans cette approche, il existe donc des valeurs ni value ni growth qu’on ne retrouve pas dans leurs indices de styles.

Stoxx revoit les styles tous les semestres en Mars et Septembre et raisonne à partir des univers Large/Mid/Small

  • MSCI
    MSCI caractérise pour chaque valeur de l’univers considéré (Large+Mid ou Small) son type value et son type growth.
    Les 3 critères value sont : B/P, E/P, D/P (D pour Dividend).
    Les 5 critères growth sont : croissance CT et LT des EPS forward, taux de croissance interne, croissance LT des EPS historiques, croissance et la croissance LT des SPS, Sales per Share (critère non utilisé pour financières).
    Une valeur alors peut être soit Value, soit Growth, soit Value et Growth, soit Non Value et Non Growth.
    Le style du titre est ensuite affiné pour une affectation dans les indices Value ou Growth selon des règles de pondération.
    MSCI revoit les indices de styles tous les semestres en Mai et Novembre.

3. Du style à la gestion quantitative
Nous voici déjà avec 3 définitions qui conduiront à des univers value et growth différents. L’intérêt des définitions à partir des ratios est qu’elles permettent une quantification et donc une gestion quantitative de ces styles de manière active. En réalité, derrière un nom, l’investisseur doit s’attacher aux informations qu’il souhaite utiliser pour générer ses idées d’investissement. Par exemple, les valeurs de rendement forment un autre style et représentent les titres délivrant un dividende régulier, de préférence monétaire, et dont l’évolution du cours de bourse est assez stable.

Chaque ratio ou mesure d’analyse financière va permettre de développer un style. Les plus pertinent(e)s vont permettre de mettre en place un stock picking quantitatif, en général à l’aide de scoring.
A partir de ce scoring nous pouvons établir des portefeuilles (fictifs à ce stade, si on traite 30 mesures et 10 secteurs, on regarde 300 portefeuilles) long des meilleures valeurs et short des moins bonnes pour la mesure retenue.
L’observation de ces portefeuilles permet de dégager les styles qui dirigent le marché au cours du temps. Lorsqu’on détecte une persistance dans ces forces (par des outils statistiques par exemple), on peut alors investir sur les portefeuilles dominants (ou leur partie longue seulement), ou si on est benchmarké sur-pondérer les titres du portefeuille long et sous-pondérer les valeurs du portefeuille short afin de dégager une surperformance.
Dans cette démarche, on portera une attention particulière au turnover à l’intérieur de chaque portefeuille.

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