Réduction des risques n’implique pas complexité

Comme nous l’avons parcouru, les techniques de gestion de risque sont variées et parfois complexes. Or la véritable réduction du risque commence par la maitrise de ce que l’on fait, la compréhension de ses engagements et expositions, la conscience de la prise des risques… Appliquer les règles ne suffit pas à une bonne gestion des risques. C’est bien là le sens du Pilier II de la directive Solvabilité 2. Le principe de la personne prudente à propos des placements de l’entreprise peut être résumé ainsi : « le risque doit être compris, acceptable et mesurable, la diversification appropriée. Les placements sont réalisés dans l’intérêt des assurés et bénéficiaires de contrats et adaptés à la nature et à la durée des engagements. Les dérivés seront utilisés pour la réduction des risques. Il n’y a aucune restriction sur les actifs en termes de limites, de catégories ou autres car ceci est géré par l’exigence de fonds propres donnée par le SCR. » Tout est là.

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Réduction du risque de l’allocation d’actifs

En général, l’atténuation de risque à l’actif ne peut pas uniquement se décliner simplement module après module. En effet, par le jeu de la diversification (quel que soit le type de risque considéré), le risque global n’est pas la somme de risques individuels.

Toutefois, concernant Solvabilité 2 il est en pratique difficile de réduire le SCR marché avec, par exemple, une simple introduction d’une (petite) portion d’actions à côté d’un portefeuille d’obligations d’Etat. Le paramétrage est en effet peu favorable (à ce jour le choc action de type 1 est de 46.5%). C’est donc avant tout par des techniques de réduction de risque reconnues par la réglementation et appliquées catégorie par catégorie que le coût en capital pourra être réellement contrôlé et piloté.

Assurance n°15 Risques liés à l’activité d’assurance

 

Courte cartographie des risques en assurance. Un début de réflexion pour l’ORSA certainement. Ce sont les risques qui d’une manière ou une autre affecte la solvabilité de l’assureur et qui justifient également l’application d’une réglementation propre à l’activité d’assurance.

Risques techniques
– primes : sous tarification, modification ultérieure des paramètres, risque de croissance excessive
– sous-évaluation des risques restant à payer : provisions techniques insuffisantes, chargement insuffisant, risque de liquidité pour le règlement des sinistres
– sinistralité : grand risque en non vie (en nombre et/ou montant), cumul de sinistres en un événement, risque de réassurance (programme mal adapté)

Risques financiers
– désadéquation actif/passif
– moins values : dépréciation, liquidité, évaluation, participations (report sur l’assureur des problèmes affectant ses filiales)
– de contrepartie : instruments financiers à terme, caution, créance sur tiers (assureurs, réassureurs, intermédiaires,…)

Autres Risques
– de gestion (ou opérationnel) : incompétence, délit,…
– commercial
– réglementation

Catalyseurs de risque
– inversion du cycle de production : charge aléatoire vs produit certain
– antisélection (la sous-tarification attire une catégorie non rentable)
– aléa moral : l’assuré pense qu’il a un risque

Asymétrie
Les assurés n’ont pas la compétence technique pour vérifier la correspondance entre leurs souhaits (se protéger des moments difficiles de la vie) et la réalité (pression de l’actionnariat par exemple). La protection des assurés est donc nécessaire, d’autant plus que certaines assurances sont obligatoires.

Pilier II, Pilier III et surveillance des groupes en Solvabilité 2

Pilier II, les exigences qualitatives

La gouvernance permet la réalisation et le respect du Pilier I et garantit une gestion saine et prudente des activités. Elle met en place une gestion des risques (fonction et système) efficace et permanente dont le périmètre est au moins celui du Pilier I.
Elle implémente également un dispositif de contrôle interne et d’audit interne et met en place une fonction actuarielle afin de garantir la compétence technique de l’entreprise.
Enfin, l’entreprise conserve l’entière responsabilité des ses obligations.

L’ORSA est l’évaluation interne des risques et de la solvabilité (Own Risk and Solvency Assessment). L’objectif est d’avoir du recul sur le Pilier I (identifier d’éventuels risques non pris en compte dans cette première phase par exemple) et plus généralement sur l’activité de l’entreprise.

Le principe de la personne prudente concerne les placements de l’entreprise. Leurs risque doivent être compris, acceptables et mesurables, leur diversification appropriée. Les placements sont réalisés dans l’intérêt des assurés et bénéficiaires de contrats et adaptés à la nature et à la durée des engagements.
Les dérivés seront utilisés pour la réduction des risques. Il n’y a aucune restriction sur les actifs en termes de limites, de catégories ou autres car ceci est géré par l’exigence de fonds propres donnée par le SCR.

Pilier III, les exigences d’information

Une harmonisation des états prudentiels est imposée afin de faciliter le contrôle et le suivi du superviseur. On trouve les Regulatory Supervisory Reports, les états quantitatifs et le rapport au public.
Contrôle des groupes

Pour les groupes, la surveillance et la supervision sont renforcés. Les 3 piliers sont appliqués en identifiant la tête de groupe, son superviseur puis en redistribuant les influences locales sur le groupe.