Assurance n°30 Marge de solvabilité avant Solvabilité 2

Les fondements d’une telle exigence sont liées à la sécurité des opérations d’assurance (c’est-à-dire la bonne exécution des contrats) garantit par des tarifs suffisants. Les bénéfices alors réalisés servent de garants s’ils restent dans l’entreprise d’assurance sous forme de fonds propres (avant distribution éventuelle aux actionnaires).
Ceci entraîne un montant minimum de fonds propres imposé par la réglementation, appelé marge de solvabilité, pour poursuivre l’activité. Dans le principe, les actifs nets doivent être supérieurs aux dettes et engagements.
L’ACPR peut décider de surcharger cette exigence si nécessaire.

Calcul de l’exigence de marge en assurance vie
PM = Provisions Mathématiques (le plus gros poste des provisions techniques en assurance vie), UC = Unités de compte

4% des PM en euros * Max(85%; taux de rétention des PM en réassurances) [couvre le risque épargne]
+
1% des PM en UC sans risque de placement * Max(85%; taux de rétention des PM en réassurances) [couvre les risque UC sans risque de placement pour l’assureur]
+
4% des PM en UC avec risque de placement * Max(85%; taux de rétention des PM en réassurances) [couvre les risque UC avec risque de placement pour l’assureur, dans le cas d’une garantie plancher par exemple]
+
0.1% à 0.3% (selon la durée des engagements) des capitaux sous risque *  Max(50%; taux de rétention des capitaux sous risque en réassurances)   [couvre le risque décès]

où capitaux sous risque = Prestations non probabilisées – PM (donc probabilisées)

Minimum de fonds de garantie = max(1/3 de la marge précédente, seuils absolu en euros selon la branche d’activité)

Calcul de l’exigence de marge en assurance non vie
On fait deux calculs, on retient le plus élevé :
1)  Base de primes (= max( primes émises, primes acquises) sur un exercice, avec les primes Responsabilité Civile hors auto majorées de 50% )
*
18 à 16% (selon les seuils de la base de prime)
*
Max(50%; taux de rétention des primes sur 3 ans en réassurance)

2) Base de sinistres (=1/3 des sinistres sur 3 ans + sinistres provisionnés, avec les sinistres Responsabilité Civile hors auto majorés de 50% )
*
26 à 23% (selon les seuils de la base de sinistres)
*
Max(50%; taux de rétention des sinistres sur 3 ans en réassurance)

Puis, si le résultat (=max 1) et 2) ) est inférieur à l’exigence de marge de l’exercice précédent, on retient la précédente corrigée du taux de décroissance des PSAP.
Minimum de fonds de garantie = max(1/3 de la marge précédente, seuils absolu en euros selon la branche d’activité)

Au global, les risques réels ne sont pas pris en compte, en particulier la volatilité de la sinistralité.

Éléments admissibles en couvertures des exigences de marge
Ce sont les fonds propres durs (capital social, réserves,…), les titres subordonnés émis (à concurrence de 25% pour les titres à durée déterminée et 50% pour ceux à durée indéterminée), et les autres éléments acceptés par l’ACPR comme les plus values latentes, les rappels de cotisations jusqu’à 50%,…)

L’exigence de marge est stable dans le temps, ainsi que la couverture (hors plus values latentes). Le taux de couverture hors plus values latentes est donc stable mais c’est insuffisant pour analyser le risque. En effet, la réassurance, en particulier non proportionnelle, est mal pris en compte.

A noter, si la couverture est insuffisante, un plan de redressement approuvé par l’ACPR est mis en œuvre. Si elle est en deçà du minimum du fonds de garantie, un plan de financement à court terme doit être réalisé.

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Assurance n°27 Provisions techniques en assurance vie

Elles sont définies à l’article R331-3 du code des assurances.
Un engagement ne peut être provisionné qu’au titre d’une seule des catégories mentionnées.
Nous passons en revue les principales.

1. Provisions mathématiques (PM)
Elles sont calculées comme la différence entre les valeurs actuelles probables des engagements respectivement pris par l’assureur et par les assurés (exception pour les Euros Croissance et les Euros Diversifiés). De loin le poste de provisions techniques (PT) le plus grand. Elles doivent être calculées :
– d’après des taux d’intérêt au plus égaux à ceux retenus par l’établissement du tarif
– d’après les tables de mortalité appropriées en vigueur à l’époque du tarif.

Ainsi, taux technique <= taux du tarif

Pour les contrats en unité de compte (UC), l’engagement de l’assureur porte sur le nombre  d’UC et non sur un montant. Ainsi, les PM sont égalent à la valeur de réalisation des UC à l’inventaire. Toutefois, en cas de garantie plancher, une provision spécifique complète la PM.

2. Provision pour participation aux bénéfices (PPB), ex Provision pour Excédents (PPE)
Elle correspond au montant appartenant aux bénéficiaires, non immédiatement payable après la liquidation de l’exercice le produisant.
Attention la PPB n’est pas la participation aux bénéfices (PB) pour laquelle un montant minimum est défini par la réglementation.
Le calcul est global, et non contrat par contrat (sauf en cas de cantons) et spécifique pour les contrats diversifiés.
La distribution doit se faire sous 8 ans, sous peine d’imposition de l’entreprise d’assurance (pour un montant qui ne lui appartient pas !).
La reprise de PPB est possible pour servir le TMG (Taux minimal garanti), mais non le taux technique (qui engage directement l’assureur).

3. Provision globale de gestion (PGG)
Provision pour couvrir les charges de gestion future des contrats non couvertes par ailleurs.
La PM contient les chargements évalués a priori, mais si la valeur réelle des frais est supérieur au coût théorique, les PM sont insuffisantes d’où le besoin de PGG. Plusieurs caractéristiques :
– provisionnement par famille de contrats, pas de compensation de l’une à l’autre
– calcul cohérent avec la comptabilité analytique et les recettes futures des contrats déjà souscrits
– pour chaque ensemble homogène de contrats,
PGG = VAP charges de gestion future – VAP ressources futures issues des contrats

4. Provision pour Aleas Financiers (PAF)
Provision globale destinée à compenser la baisse de l’actif.
Si 80% rendement de l’actif <= (intérêts techniques + PB garantie) / PM alors
PAF = PM avec taux prudent – PM comptables

5. Provision pour Risque d’Exigibilité (PRE)
Provision globale pour faire face à l’insuffisance de liquidité des placements. C’est approximativement la moins value latente des actifs non amortissables.

6. Provision pour frais d’acquisition reportés (PFAR)
Provision destinée à couvrir les charges résultant du report des frais d’acquisition en fonction de la durée des contrats.
Attention cette provision est à l’actif, en représentation des PT. La PFAR est inférieure à la différence entre les PM et les PM sans chargement pris en compte dans l’engagement des assurés.

7. Provision pour Sinistres  à Payer (PSAP)
Voir les provisions non vie. Provision forfaitaire en assurance vie. En cas de décès, existence d’une PSAP si l’exercice se clôt avant le règlement.

8. Provision pour égalisation (PE)
Provision destinée à faire face aux fluctuations de sinistralité, pour les assurances de groupe, en cas de risque décès.

9. Provision de diversification
Provision destinée à absorber les fluctuations des actifs du contrat. Elle appartient aux adhérents.

On ajoute souvent à cette liste, bien que ce ne soit pas une provision :

10. Réserve de capitalisation
Réserve permettant de lisser les résultats liées aux plus ou moins value des actifs amortissables. Plus de détails dans les provisions non vie.

Provisions techniques solvabilité 2
Les provisions techniques sont la somme du Best Estimate (BE) et du Risk Margin :
Best Estimate = VAP des flux futurs avec une courbe de taux adaptée. En particulier, cela tient compte :
– des possibilités de rachats,
– d’un versement supérieur au taux technique (aspect commercial)
Le calcul est brut (hors réassurance, titrisation)

Risk Margin = Supplément pour réaliser un transfert d’engagement après d’une autre entreprise d’assurance, i.e. coût de nouveaux fonds propres pour prendre en compte les engagements transférés.

Obligation de participation aux bénéfices pour les assurés
Article L331-3.
La rémunération maximale de l’assureur est (approximativement car le calcul dans les textes est plus précis) 15% des produits financiers et 10% des bénéfices techniques (liés à la mortalité, la gestion des contrats) avec un plancher de 4.5% des primes décès, ceci à l’exclusion des contrats à capital variable (UC, PERP,…)
Dans le cadre de solvabilité 2, elle est contenue dans le Best Estimate qui tient compte des bénéfices discrétionnaires futurs.

Assurance n°24 Provisions techniques, généralités

Les provisions techniques représentent les engagements de l’assureur et sont :
– suffisantes pour le règlement intégral de ces engagements vis à vis des assurés, des entreprises réassurées et bénéficiaires de contrats
– calculées sans déduction des réassurances cédées à des entreprises (i.e. brutes de réassurance)

Elles sont un des 3 grands éléments du passif d’une entreprise d’assurance. Pour rappel, on y trouve 3 grands types d’engagement de caractéristiques différentes :
1. Fonds propres (ou capital social), engagement envers les actionnaires ou les sociétaires
2. Dette, engagement de montant connu, dû non immédiatement aux créanciers. La maturité est connue, le bénéficiaire pas toujours.
3. Provisions techniques : engagement (dette) sans avoir la connaissance ni du montant, ni de la date de paiement.
Le terme provision signifie « anticipation de charges », le terme technique rapporte à l’activité d’assurance i.e. en relation avec les assurés (non technique pour les autres activités). Ce sont environ 60 à 70% du passif en assurance non vie, plus de 80% en assurance vie.

 

Le pilier I de Solvabilité 2 : les exigences quantitatives

Ce pilier est la transformation des exigences quantitatives dite Solvabilité 1 qui se présentait sous 3 axes :

Le bilan prudentiel est établit en valorisant les actifs à leur valeur d’échange dans des conditions normales et les passifs à leur montant de transfert (d’engagements auprès d’un autre assureur) dans des conditions normales, sans tenir compte de la qualité de crédit de l’entreprise. L’objectif est une valorisation en valeur de marché et un niveau de fonds propres suffisants.

Les provisions techniques sont la somme du Best Estimate (BE) et du Risk Margin, où
– Le BE est la moyenne pondérée par leur probabilité des flux futurs, actualisés sur une courbe de taux sans risque pertinente. Le calcul est brut (de réassurance,…) et tient compte de tous les contrats en portefeuille, des rachats, des prestations discrétionnaires futures, des impôts différés,…
– Le Risk Margin est le montant de fonds propres supplémentaires nécessaires pour couvrir les engagements repris en cas de transfert, c’est donc une valeur actuelle probable de SCR futurs.

Les placements sont valorisés en valeur de marché, et si les données sont insuffisantes, des modèles peuvent être utilisés.

La réassurance se valorise comme les provisions techniques et la titrisation en tenant compte a. de la différence temporelle entre le recouvrement et le paiement et b. de pertes probables pour défaut de la contrepartie.

Les fonds propres sont la somme des fonds propres de base et des fonds propres auxiliaires :
– les fonds propres de base sont constitués de l’excédent de l’actif par rapport au passif, des passifs subordonnés, des impôts différés en cas de perte déductible (ce qui implique de projeter les comptes sociaux pour déterminer les impôts futurs)
– les fonds propres auxiliaires correspondent au capital non appelé, lettres de crédit, garanties et tout ce qui est juridiquement contraignant (rappels de cotisation,…)

Les fonds propres sont classifiés selon leur disponibilité pour former les fonds propres éligibles (à la couverture des exigences quantitatives) :
– tiers 1 : Fonds propres de base disponibles (supérieur à 1/3 des fonds propres éligibles)
– tiers 2 : Fonds propres de base disponibles en cas de liquidation et Fonds propres auxiliaires disponibles ou disponibles en cas de liquidation
– tiers 3 : Autres fonds propres de base ou auxiliaires (inférieur à 1/3 des fonds propres éligibles)

Ainsi, tous les fonds propres ne sont pas éligibles pour couvrir les exigences quantitatives

Le SCR, Solvency Capital Requirement, ou capital de solvabilité requis est l’exigence quantitative qui doit être couverte par les fonds propres éligibles. Les calculs se font sous l’hypothèse de continuité d’activité et correspond à la VaR à 99.5% à 1 an des fonds propres de base. Il couvre les risques de souscription vie, non vie, santé, les risques de marché, de contrepartie et opérationnels. Le calcul doit être fait tous les ans (pour le moment), à partir de la formule standard ou d’un modèle interne.

Le MCR, Minimum Capital Requirement, ou minimum de capital requis est le seuil de fonds propres éligibles en deçà duquel le risque est inacceptable. Il est déterminé comme la somme d’un seuil absolu (selon les branches d’activité) et d’un montant fonction linéaire de variables du bilan. Il est obligatoirement compris entre 25% et 45% du SCR.

Le modèle interne est partiel ou intégral. Il doit aboutir au calcul de la VaR 99.5% à 1 an des fonds propres de base et doit être utilisé pour d’autres travaux que la calcul du SCR.

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 6 – PRE et la problématique FIFO

Le fonds diversifié est en plus-value latente. En revanche, la contrainte FIFO entraîne, si le prix initial d’achat de part est supérieur au prix établi lors du transfert, un rendement négatif en cas de vente.

Une solution pour remettre les compteurs à zéro et pouvoir dégager de la plus-value pouvant résorber la PRE serait de pratiquer un » vendu-acheté » de manière à obtenir un rendement nul. Il faut pour cela, déterminer le nombre N de parts adéquat en tenant compte du prix d’achat  initial imposé par la règle FIFO, et de l’ensemble des mouvements réalisés depuis la création du fonds (antérieure à 2003).

Ainsi, on se retrouve en situation de plus-values latentes sur le fonds. Ces plus-values permettent un pilotage aisé du bilan de l’entreprise en permettant de dégager uniquement le résultat nécessaire, le reste  constituant des réserves pour l’avenir.

partie 5     partie 7

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 5 – PDD versus PRE ?

En examinant le portefeuille d’obligations quelques lignes attirent l’attention dont les valeurs au 31/12/2008 sont inférieures de plus de 30% à leurs valeurs nominales. Selon les recommandations de l’ACAM, même s’il la méthode de dotation n’est pas uniformisée, il semble que ces lignes présentent un risque important de PDD dans les mois à venir.

Nous soulevons ici l’intérêt de détenir des obligations de crédit (i.e. de profil de rendement et de risque identique aux portefeuilles détenus en ligne à ligne) sous forme non amortissables. En effet, la dotation de la PDD se faisant au cas par cas, les plus-values (comptables) affichées par les autres lignes ne compensent pas les moins-values constatées qui risquent de provoquer une PDD. Il faut donc pour éviter une PDD qu’il n’y ait aucun risque de dépréciation sur aucune des lignes détenues.

Au contraire, la PRE qui se dote globalement ne subit pas ce risque car alors les lignes détenues au sein d’un OPCVM s’agrègent. Ainsi il suffit que le marché du crédit ait une performance positive moyenne pour ne pas provoquer de PRE.

On limitera donc le risque de PDD sans déformer le profil d’investissement du portefeuille en conservant une poche de titres de crédit non amortissables.

En particulier, puisque dans une telle poche, la diversification peut jouer son rôle de protection, on pourra investir sur des actifs dont le rendement attendu est plus important que sur les titres détenus en ligne à ligne.

partie 4     partie 6

 

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 4 – Risque de PRE et réserve de capitalisation

La souplesse offerte par la réserve de capitalisation pourrait inciter à avoir la totalité du portefeuille en obligations en ligne à ligne.

Ceci écarte le problème du gel de la PRE. Rappelons que celle-ci est destinée à faire face à une insuffisante liquidité des placements et est calculée globalement par comparaison entre valeur de réalisation et valeur comptable au bilan (nette des amortissements et de la dotation à  PDD) de tous les actifs non amortissables (et placements en unité de compte).

Ainsi, en ne détenant plus d’actifs non amortissables, il deviendra impossible de la résorber comptablement parlant. Même si la réserve de capitalisation augmente, elle ne peut réglementairement compenser la PRE.

Il convient donc à notre opinion de conserver suffisamment d’actifs de type actions ou OPCVM qui permettront de résorber cette PRE.

Face à cette PRE, évaluée à environ 1.7M€, il faut choisir les actifs qui permettent de la résorber en un temps raisonnable que vous évaluer à 4 ans maximum.

Sur cette durée, avec un rendement attendu de 4.5% annuel, il faudrait consacrer aujourd’hui un peu de moins de 9M€ pour réaliser 1.7M€ de plus values.

A l’inverse, si par exemple vous ne souhaitez y consacrer que 4M€, il faut un rendement annuel de 9.5% pour réaliser 1.7M€ de plus values sur 4 ans.

Ainsi, plus faible sera la part consacrer à ces actifs non amortissables, plus la solution se portera sur des actifs à forte espérance de rendement.

Nous pensons donc qu’une approche intéressante est de pouvoir gérer cette PRE par un actif qui sera lui aussi géré. Afin de ne pas cumuler ici encore des risques de taux et de défaut, il nous parait important de ne pas négliger les actions qui ont l’espérance de rendement la plus forte sur le moyen / long terme.

De plus, si on choisit de diversifier les risques et d’y inclure des actions, il ne faut pas se contenter de ce seul actif. En effet, la constitution de la provision pour risque d’exigibilité (PRE) provient des moins values constatées sur les titres non amortissables. Si les seuls titres non amortissables dans le portefeuille ne sont plus que des actions ou assimilés, le risque de la poche « titres non amortissables » devient plus important et le risque d’augmenter cette PRE également. Ainsi conserver une part d’OPCVM obligataires jouera un rôle d’amortisseur (tout comme les OPCVM monétaires).

Nous croyons donc qu’il existe un juste milieu entre titres amortissables et non amortissables. Si nous interprétons la réserve de capitalisation comme la moins value maximum acceptable sur les obligations en ligne à ligne, nous pouvons déterminer la juste part de ces obligations.

Considérons qu’un mauvais scénario extrême à 1 an pour le mandat est une hausse des taux de 250 points de base, cela entraîne une perte maximale de l’ordre de 7% (en tenant compte d’un rendement actuariel moyen de 5% du mandat en ligne à ligne). A partir de cette perte, la réserve de capitalisation (en l’état actuel estimée à 1.8M€) est consommée avec un mandat de 30M€ ce qui correspond à la taille actuelle.

Ainsi la part d’obligations en ligne pourra augmenter régulièrement avec la réserve de capitalisation, de même que la PRE diminuera avec les plus values de marché.

En résumé, l’état actuel de la PRE nous incite à envisager une poche gérée d’actifs non amortissables dont seules les plus-values pourront la résorber. La réserve de capitalisation permet de calibrer le montant adapté du mandat en ligne à ligne. La différence pourra s’ajuster entre les titres monétaires nécessaires à la gestion des engagements et l’objectif de rendement.

La suite de l’étude se concentre sur le calibrage de la poche en bonne adéquation avec la PRE actuelle.

partie 3     partie 5

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 3 – Rentabilité et pilotage du bilan, du résultat financier

L’objectif de rendement attendu (objectif c) se situe entre 4 et 5%.  Cette performance est atteinte selon les ratings sur des maturités très différentes comme le montre le graphique suivant.

courbe taux euro 20 01 09

Ainsi, si l’on résume la maturité nécessaire à acheter aujourd’hui en fonction du rating (au moins investment grade selon le cahier des charges) pour obtenir le rendement minimal souhaité, nous avons :

Rating

Maturité

Souverain

> 20 ans

AAA

> 7 ans

AA

> 5 ans

A

> 2 ans

BBB

> 3 mois

Ceci souligne plusieurs éléments :

– l’augmentation du poids de titres amortissables dans le portefeuille peut permettre d’augmenter la prise de risque sur les obligations (traduite par une duration plus forte à l’actif qu’au passif) car les moins-values latentes ne sont pas inscrites.

– la poche doit être gérée activement (au moins en duration) au contraire d’un OPCVM de taux dont la duration est stable dans le temps. En particulier, bien sélectionner les émetteurs, les diversifier mais pas uniquement en terme de rating car ce n’est pas une variable très dynamique et peut ne pas intégrer une augmentation des risques récente. Il faudra donc imposer une diversification sur d’autres critères par exemple en terme de secteur industriel.

Cette gestion est dédiée à l’organisme qui la sous-traite et logiquement va coûter plus chère que l’investissement dans un OPCVM ouvert (qui offre déjà tous ces facteurs).

– il faut faire un choix de l’obtention de rendement entre  duration de l’actif élevée qui augmente le risque de taux (donc de PRE) mais apporte des rendements élevés avec un rating rassurant et un plus faible risque de taux mais avec une dégradation du rating du portefeuille pour atteindre un même niveau de rendement.

– enfin, peut-être ne pas écarter le risque de modification de réglementation concernant l’amortissement de titres (risque de passage en valeur de marché par exemple)

Afin de maitriser le risque de taux et de crédit, je suggère que les maturités les plus grandes se trouvent sur les émetteurs les mieux notés. L’allongement de cette maturité compensera partiellement la baisse de rendement. Toutefois, il faut s’imposer une maturité maximale. Pour contenir le risque de taux, elle est fixée aujourd’hui à 5 ans (en moyenne).

partie 2    partie 4

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 2 – Titres amortissables ou non et diversification des risques

Près de 92% de la poche obligataire est en titres ligne à ligne, soit 60% du portefeuille examiné. Ce sont des titres amortissables. En cas de risque de défaillance, une provision pour dépréciation durable (PDD) doit être constituée. Ceci est également valide pour les produits monétaires assimilables.

Environ 30% du portefeuille d’actif est en titres non amortissable, représentés essentiellement par le fonds diversifié. Sur cette partie, une PDD est constatée si la valeur de réalisation présente une moins-value par rapport à la valeur comptable pendant une période prolongée. Tout ou partie de la moins-value est provisionnée selon la pratique de dotation.

Ainsi, pour les deux types de comptabilité, le risque de PDD existe, dans un cas lorsque le risque de défaut d’un émetteur augmente, et dans un autre cas, lorsque les actifs investis réalisent une moins-value.

Les défauts, lorsqu’ils se produisent, donnent en moyenne un taux de recouvrement de l’ordre de 40% seulement. De plus, le délai de recouvrement est incertain (au-delà de plusieurs mois) impliquant une gestion de bilan d’autant plus délicate.

Dans la terminologie financière, les deux risques évoqués sont distingués : le premier étant un risque de crédit et le second un risque de marché. Ainsi nous remarquons que le souhait d’éviter les titres non amortissables (objectif d) inciterait à une concentration sur le seul risque de défaut ce qui parait aller à l’opposé de la réflexion menée (objectif a).

Sur cette base, nous pouvons donc suggérer de continuer à conserver une diversification des risques ce qui implique de diversifier les classes d’actifs au sein du portefeuille.

partie 1   partie 3

Allocation d’actifs sous contrainte de provisionnement : partie 1 – le contexte d’analyse

Une mutuelle me fait part de la réflexion suivante : elle envisage de passer la quasi-totalité de ses actifs actuels dans plusieurs poches ne détenant que des obligations en ligne à ligne. Ce souhait s’inscrit dans le contexte suivant :

a. Repenser sa nouvelle cartographie des risques, notamment en vue de Solvabilité II (cadre du QIS 4 à l’époque)

b. Prendre en compte les remarques de l’audit qui juge le risque financier de la mutuelle plus élevé que la moyenne de la profession,

c. Assurer un rendement annuel entre 4 et 5%, afin de permettre à la fois le remboursement sous 3 ou 4 ans de la provision pour risque d’exigibilité (PRE)  et de dégager 2 M€ annuellement,

d. Éviter la comptabilité en mark to market et l’inscription de moins values latentes (obligations portées jusqu’à expiration)

La totalité des représentent environ 54M€ en valeur de marché. Aujourd’hui 2.9 M€ sont sous forme d’OPCI ou d’immobilier en dur sans vocation d’évolution et 5M€ environ sont des liquidités ou placés en monétaire. Un fonds diversifié est de 15M€ environ. Le reste peut être considéré comme de l’obligataire en ligne à ligne de duration 5 ans (notamment des actifs alternatifs ont été arbitrés).

Concernant le passif, sa duration est estimée entre 6 et 12 mois, avec un engagement de 20M€. L’actif comptable représente 2.4 fois cet engagement.

L’objectif de résultat financier n’a été atteint qu’à 53%, les plus values venant des actifs obligataires.

La mutuelle a choisi de ne pas intervenir sur l’immobilier et de le retirer de l’étude (ce qui est regrettable). Le montant d’actifs considéré est finalement de 51M€ et la répartition (en transparence sur le fonds diversifié) est

Actions 5,1%
Obligations 63,5%
Monétaire 27,7%
Alternatif 3,7%

En prenant une duration de 12 ans pour les actions (duration théorique exprimée dans plusieurs études), 5 ans pour les obligations et l’alternatif, et 6 mois pour le monétaire nous évaluons la duration de l’actif à 4.1 ans.

Le risque de marché du portefeuille actuel, mesuré par la volatilité, est de 3.3%.